La crainte de 900 suppressions de postes : à la verrerie Arc, une reprise mais à quel prix ?
Lundi 16 février au matin, 500 personnes manifestent dans les rues de la petite ville d’Arques, près de Saint-Omer (Pas-de-Calais). Des salariés d’Arc France, en redressement judiciaire depuis un mois, leurs familles, des élus locaux et des habitants, sous les drapeaux multicolores de la CGT, de la CFDT, de la CGC, de Sud et de l’Unsa. Le lendemain, c’est la date limite de dépôt des offres de reprise pour cette verrerie qui compte 3 500 CDI. « J’aurais préféré que nous soyons le double, reconnaît alors Frédéric Specque, délégué CGT, mais cette manifestation, c’est une façon de dire aux deux repreneurs [potentiels] que nous défendrons les emplois et la boîte. Commerçants, sous-traitants, services publics, collectivités… tous ceux qui vivent indirectement de la verrerie prennent conscience du danger. Nous avons également montré l’unité des syndicats. » Le lendemain soir, coup de théâtre : dans un communiqué d’une vingtaine de lignes, un des deux candidats à la reprise, Patrick Puy, président d’Arc International de 2013 à 2015, jette l’éponge faute de pouvoir tenir « les délais ». Or, vu « la situation financière de l’entreprise », il dit ne pas vouloir « retarder le processus ».
Par Ludovic Finez
10 mars 2026