Acte 2 du mouvement
« Ici, le 6 mars, on était 70 % de grévistes », se souvient Yann Lavaud, chaudronnier à la Tiru de Saint-Ouen, en grève aujourd’hui. Le mouvement a occasionné un manque à gagner conséquent à Paprec : jusqu’à 75 000 euros par jour de grève. « Ça a été physiquement éprouvant, se remémore Antony Campana, délégué syndical CGT du site. On était là de 6h à 22h…» Ici, comme à la Tiru d’Ivry, les salariés bénéficient du statut des électriciens-gaziers (IEG), que la réforme des retraites doit supprimer. À la veille de la décision du Conseil constitutionnel sur la validité du texte, il s’agissait donc de montrer que la détermination était toujours intacte. Ce jeudi 13 avril signe l’acte 2 du mouvement. Les syndicats de la CGT qui organisent les éboueurs, ripeurs, balayeurs, égoutiers, ouvriers, conducteurs, adjoints techniques, encadrants, cadres de l’assainissement, du nettoiement, de la collecte des déchets des centres de tri et des incinérateurs de Paris, et de sa première couronne, ont appelé à reprendre la grève. À Saint-Ouen, le taux de grévistes s’élèverait à « 20 % » selon les premières estimations, ce qui n’empêche pas le blocage quasi total du site. Interrogée par Le Figaro, la mairie de Paris a fait savoir que la collecte des déchets était aujourd’hui fortement perturbée. « À cette heure, tous les sites du Syctom [ l’agence des déchets ménagers de la métropole parisienne, soit les Tiru de Saint-Ouen, Issy-les-Moulineaux, Ivry-sur-Seine et Romainville ] sont bloqués », a ainsi indiqué la municipalité. À Saint-Ouen, comme sur les différents points stratégiques du secteur, les salariés peuvent compter sur le soutien de militants. Ainsi de Théo, intermittent de 32 ans, actif sur une quinzaine de blocages depuis le début du mouvement : « Je pense que les blocages sont les moyens d’action les plus efficaces pour soutenir les travailleurs et les travailleuses en grève. On les poursuivra jusqu’au retrait de la réforme. » Éric Coquerel, député insoumis de la première circonscription de Seine-Saint-Denis a également fait le déplacement. « C’est un moyen de soutenir et d’encourager le mouvement, et d’éviter les débordements avec la police pour éviter que cela ne se passe comme à Aubervilliers…»Sept arrestations à Aubervilliers
La présence de la députée insoumise Nadège Abomangoli au blocage du garage d’Aubervilliers n’a pourtant pas suffit à empêcher les violences policières. Plus tôt dans la matinée, 150 manifestants s’étaient donnés rendez-vous à 5h15 devant le garage à bennes d’Aubervilliers à l’appel de l’UL-CGT d’Aubervilliers. Le garage, géré par la ville de Paris, collecte les déchets des XVIIe et VIIIe arrondissements de la capitale. Depuis plusieurs semaines, de nombreux militants se retrouvent devant les grilles des différents garages de la ville pour bloquer la sortie des camions dans le but de ralentir, ou de stopper, les collectes et de convaincre les non-grévistes de rejoindre la lutte. À Aubervilliers, ce matin, sur les 30 travailleurs du site, une dizaine se déclarent grévistes. Le blocage se poursuit jusqu’à 7h30, lorsque les salariés, réunis en AG, votent à l’unanimité la grève jusqu’à la fin de la tournée. Une charge policière musclée se déploie alors pour lever le blocage, engendrant plusieurs blessés. Sept manifestants dont trois syndicalistes de la CGT du livre et un de Sud éducation 93 sont alors arrêtés et emmenés au commissariat d’Aubervilliers. Au garage de Romainville, après un barrage filtrant les sorties des camions jusqu’à 7h, les forces de l’ordre ont délogé la quarantaine de manifestants présents avec la garde montée.Après 1h30 d’action la cavalerie déloge les « peaux rouges ». 🎶même si Macron le veut pas, on reviendra 🎵 pic.twitter.com/WQeTCPoANl
— cgt 93 (@93Cgt) April 13, 2023
💥 Action en cours à la TIRU d’Ivry ! pic.twitter.com/aw2wO4OgK4
— La CGT (@lacgtcommunique) April 13, 2023