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Ce mercredi 11 mars, à la sortie du tribunal d'Athènes, Magda Fyssas brandit une pancarte : « Pavlos, nous avons réussi ! Aube Dorée (AD) est définitivement une organisation criminelle nazie. Tu les as démasqués » Si la mère de Pavlos Fyssas, le rappeur grec assassiné à l'arme blanche par des néonazis d'Aube dorée en septembre 2013, exprime son soulagement, c'est en raison de l'issue de ce procès en appel : les dirigeants de la formation fasciste écopent de lourdes peines, jusqu'à 13 ans de prison. Le meurtre de son fils avait déclenché l'enquête judiciaire sur Aube dorée. « Démasqués », les cadres le furent d'abord lors d'un premier procès, tenu d'avril 2015 à octobre 2020. Les magistrats avaient qualifié le parti d'« organisation criminelle » et envoyé ses dirigeants en prison. Après l'appel de ces derniers, le second procès, ouvert en juin 2022 et qui s'est donc clos ce 11 mars 2026, confirme ces sentences. « La justice a fait sa part dans le combat contre l'extrême droite qui comporte plusieurs faces, dont une légale », abonde Ioanna Meitani, coordinatrice de Simeio, un groupe de recherche et de lutte contre l'extrême droite. « Le jugement est une bonne nouvelle », reconnaît Apostolos Kapsalis, chercheur à l'Institut du Travail (le centre de recherches des syndicats grecs). Mais derrière le soulagement de ce spécialiste de l'extrême droite point l'inquiétude. « La situation sociale ne nous permet pas de nous réjouir : les idées d'extrême droite et néoconservatrices sont plus diffuses et plus populaires qu'avant, reprend-il. En outre, dans l'histoire, les partis nazis utilisent les condamnations pour se présenter en victime. » Directeur des Archives d'histoire sociale contemporaine (ASKI), Manos Avgeridis rebondit : « Ce procès avait une dimension historique. Il signe la fin d'AD en Grèce, mais pas celle de l'extrême droite. Elle se maintient, même si elle n'a pas une expression unifiée. »