Travail

« Toi, ça fait longtemps que t’as l’intermittence ? », s’interroge un jeune homme. « Cinq ans », répond son voisin en veste jaune avant d’éclater de rire. « On verra bien si ça dure ! ». Ce mercredi 25 février au matin, l’heure est grave mais l'ambiance est joyeuse. Représentants syndicaux et patronaux sont réunis dans les locaux de l’Unédic à Paris pour une ultime journée de négociations autour de l'Assurance-chômage. Dans la rue, à quelques dizaines de mètres à peine, plusieurs centaines d’intermittents et d'intermittents (300 selon le décompte de l'AFP) ont répondu à l’appel de la CGT pour défendre leur régime d'indemnisation spécifique. Les négociations, qui durent depuis plusieurs semaines, devaient initialement porter sur les ruptures conventionnelles jugées trop coûteuses par le gouvernement. Les organisations patronales, MEDEF en tête, l’ont transformé en offensive totale contre les travailleurs sans emplois. Objectif affiché : réaliser un milliard d'économies, notamment en augmentant de 50 le seuil d’heures à atteindre pour que les intermittents puissent ouvrir des droits (les passant ainsi de 507 à 557 heures). Une mesure qui risquerait de plonger dans la précarité beaucoup de ces professionnels - on comptait 300 000 intermittents en France en 2024, dont 150 000 indemnisés - et de les contraindre à se résigner à des conditions dégradées.