Demain : bureaux et bourreaux
Apparu à l’origine au sein de professions semi-nomades – comme les journalistes ou les représentants commerciaux –, le bureau partagé ouvert est devenu la norme dans le tertiaire. Selon l’observatoire Actineo, 32 % des salariés travaillent dans un bureau fermé individuel. Pourtant, ils sont 57 % (voire 73 % chez les plus de 55 ans) à estimer que ce type de lieu est idéal pour le travail.
Publié le 31 décembre 2018
Apparu à l’origine au sein de professions semi-nomades – comme les journalistes ou les représentants commerciaux –, le bureau partagé ouvert est devenu la norme dans le tertiaire. Selon l’observatoire Actineo, 32 % des salariés travaillent dans un bureau fermé individuel. Pourtant, ils sont 57 % (voire 73 % chez les plus de 55 ans) à estimer que ce type de lieu est idéal pour le travail.
« Libérer l’espace pour libérer la communication dans l’entreprise. » Voici l’objectif annoncé, il y a déjà quelques décennies, par les partisans du « bureau paysager » ou open space. Mais « la vraie motivation est financière, juge Marc Gautreau, expert en santé-travail au cabinet d’expertise Aliavox, l’open space coûte moins cher à tous les niveaux, avec moins de travaux et moins d’aménagements » .
Pour l’ergonome, il s’agit là d’un paradoxe : « Les employeurs pourchassent les discussions à la machine à café, en considérant que ce n’est pas du travail, mais à côté, ils mettent les gens les uns sur les autres pour qu’ils parlent mieux. » Et cette proximité peut avoir des conséquences délétères sur les salariés. Dérangement constant, bruit, surveillance permanente par la direction, mais aussi par leurs pairs : « Ça rend dingue. On constate des burn-out, des dépressions, une hypersensibilité acoustique… des choses fortes, s’émeut l’ergonome. Les gens sont aussi plus à fleur de peau, la tolérance baisse, ils partent au quart de tour. »
Si le bureau ouvert peut avoir des avantages lors de projets d’équipe, c’est « un concept qu’on calque et qu’on imite sur des situations très variées sans s’interroger véritablement sur le bien-fondé de ce type d’organisation de l’espace », déplore Michaël Fenker, architecte et directeur du Laboratoire espaces travail (LET), à l’école nationale d’architecture Paris-La Villette. Pour lui, cela participe « d’un mouvement général d’accélération de la société, des injonctions et du rythme de travail ».
Dossier
Avant d’être élus, ils n’étaient rien. Depuis, ils le prouvent.
Affaiblie par des crises en interne et l'absence de dialogue social avec le gouvernement, la centrale syndicale historique en Tunisie, l'UGTT (Union générale tunisienne du travail), peine à maintenir une position de force.
Dossier / 2 articles
Articles recommandés pour vous