GM&S décision du tribunal aujourd’hui

Renault et PSA annoncent 7 millions de commandes supplémentaires pour GM&S. Une avancée, mais l’essai doit être transformé. Les GM&S manifestent aujourd’hui mardi à Poitiers devant le Tribunal de commerce.

Par Régis Frutier
Par Régis Frutier
Publié le 23 mai 2017
Manifestation des salariés de la GM&S
Manifestation des salariés de la GM&S pour demander un plan pour sauver l'entreprise. La Souterraine, le 16 mai 2017. Clément Martin
Renault et PSA annoncent des commandes supplémentaires de 7 millions d’euros, mais c’est trop peu. C’est ce mardi 23 mai que le Tribunal de commerce devait se prononcer sur la poursuite ou la liquidation de GM&S La Souterraine. Une manifestation a eu lieu devant le tribunal.
Le week-end a encore une fois été riche en évènements pour les 283 salariés de l’équipementier automobile GM&S La Souterraine (Creuse). Ces derniers occupent leur entreprise jour et nuit sans discontinuer depuis le 11 mai. Vendredi l’intersyndicale CGT et FO a été reçue par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire qui a appelé les patrons des groupes PSA et Renault. La firme au losange accepte de passer de 5 à 10 millions d’euros ses commandes à l’entreprise, et celle au lion de 10 à 12 millions, soit un total de 7 millions supplémentaires. De toute évidence, la pression des salariés a contraint le gouvernement à bouger. Bercy se félicite des avancées des deux marques automobile :
« Il fallait absolument cela pour éviter la liquidation, et c’était urgent ».
C’est effectivement le cas, mais reste à savoir si cela sera suffisant et s’il ne s’agit pas simplement d’un affichage politique à quelques semaines des élections. Le Tribunal de commerce de Poitiers doit en tout cas se prononcer aujourd’hui 23 mai et une manifestation est prévue à 15 heures. Pour Denis Bréant, responsable de l’automobile à la CGT Métallurgie, l’annonce des 7 millions de commandes est loin de faire le compte : « Sept millions supplémentaires, ce n’est pas assez. Cela porte les commandes à 22 millions or il faudrait atteindre 35 millions pour assurer la pérennité. En plus, nous ne connaissons pas le détail des pièces qui seront produites. Au final, si la liquidation n’est pas prononcée demain, les commandes actuelles pourraient maintenir de 90 à 120 emplois et dans un an la situation serait la même. On en vient à se demander si les annonces de ce week-end ne visent pas uniquement à faire la propagande du gouvernement en vue des législatives. » Dans ces circonstances, que sera la décision du Tribunal ? En tout cas, les salariés ne se laissent pas endormir et attendent de pied ferme la décision du tribunal.
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