Manifestation à Paris des salariés du commerce, « tous perdants » avec la réforme des retraites

Plusieurs centaines de salariés du commerce et des services ont manifesté mercredi 22 janvier à Paris de la gare Saint-Lazare à l'Opéra contre une réforme des retraites dans laquelle ils seront "tous perdants" selon Amar Lagha, secrétaire général de la CGT Commerce et Services.

Par AFP
Rédaction NVO
Lincoln Netiele
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Lincoln Netiele
Publié le 22 janvier 2020
NVO, la Nouvelle Vie Ouvrière, le journal de l’actualité sociale, syndicale et juridique des militants de la CGT
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Plusieurs centaines de salariés du commerce et des services ont manifesté mercredi 22 janvier à Paris de la gare Saint-Lazare à l’Opéra contre une réforme des retraites dans laquelle ils seront « tous perdants » selon Amar Lagha, secrétaire général de la CGT Commerce et Services. Reportage.
Dans le cortège, on notait la présence de nombreux de salariés du textile (Pimkie, Camaïeu, Promod, Jacadi, Okaidi, etc.) ainsi que des secteurs de la restauration collective (Compass, Sodexo) ou de la sécurité. Secteurs où beaucoup de salariés sont à temps partiel avec de très petits salaires. Ainsi, Josselin et Ridwan, agents de sécurité, estiment que « le calcul sur la carrière complète sera une catastrophe » dans un secteur où les bas salaires sont la règle. « On a 80 % de femmes dans la distribution et beaucoup sont à temps partiel imposé et gagnent entre 600 ou 800 euros par mois. Le calcul de la retraite sur l’ensemble de la carrière va les pénaliser, car elles passent souvent à temps plein seulement en fin de carrière », explique-t-il. Martine, vendeuse chez Damart, gagne 800 euros par mois pour 24 heures par semaine et s’interroge sur sa retraite : « Le gouvernement nous parle d’une retraite minimum à 1 000 euros mais c’est pour une carrière complète, pas pour les temps partiels comme nous », dit-elle. « Je n’ai pas choisi le temps partiel, j’étais au chômage depuis un an et j’ai pris ce que j’ai trouvé », ajoute-t-elle. Vilma, également vendeuse, a élevé ses enfants et n’a travaillé qu’à partir de 40 ans, elle s’attend à une pension minuscule et craint que les nouvelles règles sur la réversion, en cas de décès du mari, ne la désavantagent au profit de la nouvelle épouse. « Je suis perdante dans tous les cas de figure », craint-elle.
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