Le (mauvais) exemple australien sur les retraites
Une délégation de retraités australiens est venue à la rencontre de l'UCR-CGT, ce jeudi 11 mai, pour évoquer les réformes intervenues dans leur pays, alors que des réformes similaires se profilent en France. Retour vers le futur.
Publié le 17 mai 2017
À l’occasion d’une visite en Europe, une délégation de syndicalistes retraités australiens, qui ont vu leur système de pensions attaqué au cours des dernières décennies, a rencontré l’UCR-CGT ce jeudi 11 mai. Une opportunité, pour l’organisation de retraités de la CGT, d’avoir un aperçu sur les réformes potentielles qui se profilent.
L’échelle de grandeur est certes très différente – l’Australie compte moins de 24 millions d’habitants sur un territoire grand comme douze fois la France – mais les questions syndicales sont parfois riches d’enseignement. À l’aube d’une nouvelle mandature présidentielle qui pourrait bien, à la lumière des annonces de campagne, bouleverser les règles de la Sécurité sociale française, Hubert Schwind, membre du bureau de l’UCR-CGT, s’inquiète à l’idée que le système français puisse se rapprocher du système australien.
Le système de retraites australien est basé sur un régime d’assistance dont chaque Australien bénéficie. Financé par l’impôt et géré par l’État, il garantit à chaque bénéficiaire un minimum de 1400 dollars australiens (946 euros) par mois, explique Jane Timbrell, membre de la délégation australienne de Vintage Reds, un syndicat de retraités australien venu à la rencontre de l’UCR. En ce sens, il se rapproche du minimum vieillesse français, financé par la CSG. Il est ensuite complété en fonction de la carrière et de la branche par un système de retraite complémentaire par point, via des fonds de pension. « Cela fait porter le risque au salarié », regrette David, un autre membre de Vintage Reds.
« Nous ne voulons pas de ce système financé par l’impôt », explique Hubert Schwind, favorable au maintien d’un financement par cotisations sociales, à la fois par les salariés et par le patronat. « Un financement par l’impôt signifierait que les retraites sortent de la Sécurité sociale, or nous sommes tous représentés au Conseil d’administration de la Sécu, c’est nous qui décidons, poursuit-il, les retraites doivent rester dans les mains des salariés. »
Le syndicaliste français en tient pour preuve le projet du nouveau président de la République française, Emmanuel Macron, d’augmenter la CSG. « C’est la première chose qu’il fera : réformer les retraites et baisser leur niveau », s’insurge-t-il. Si cette augmentation de CSG est censée aller de pair avec la disparition de la taxe d’habitation, pour Hubert Schwind, le compte n’y est pas. « J’ai fait les calculs : même sans taxe d’habitation, une augmentation de 1,7% de CSG me coûterait 180 euros de plus. »
Autre sujet d’inquiétude : l’âge de départ à la retraite. S’il faut aujourd’hui avoir cotisé entre 160 et 166 trimestres pour prétendre laisser sa place, Hubert Schwind voit d’un mauvais œil les potentielles futures réformes du prochain quinquennat. « Nous voyons arriver un système comme dans les pays nordiques, avec une retraite dégressive pour les personnes partant plus tôt, voire le placement des cotisations de retraite dans des fonds de pensions. »
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