Plan hôpital : déception massive
Après 8 mois de crise dans les hôpitaux publics, le gouvernement a annoncé mercredi une rallonge budgétaire et une reprise de dette étalées sur trois ans, ainsi que des primes pour les personnels, pourtant pas convaincus par ce "plan d'urgence" et qui prévoient de nouvelles journées d'action.
Publié le 21 novembre 2019
Après 8 mois de crise dans les hôpitaux publics, le gouvernement a annoncé mercredi une rallonge budgétaire et une reprise de dette étalées sur trois ans, ainsi que des primes pour les personnels, pourtant pas convaincus par ce « plan d’urgence » et qui prévoient de nouvelles journées d’action. Mireille Stivala, secrétaire générale de la CGT Santé et Action sociale nous donne ici le point de vue de sa fédération.
La réaction de la CGT Dans un communiqué, la confédération et la Fédération CGT de la Santé saluent « un premier recul du gouvernement », mais estiment que ces avancées ne sont pas de nature à « calmer la colère des professionnels ».
La CGT demande une augmentation de 5 % du budget des hôpitaux, une hausse de salaire de 300 euros pour tous et une revalorisation du point d’indice.
Ce nouveau plan n’a pas davantage convaincu les principaux intéressés. « Il n’y a pas de réponse aux revendications qu’on porte depuis neuf mois, rien en termes d’effectifs et d’ouvertures de lits d’hospitalisation », a déploré Orianne Plumet, infirmière et membre du collectif Inter-Urgences.
« On nous avait annoncé un effort massif, c’est la déception qui est massive », a réagi Antoine Pelissolo, psychiatre et membre du collectif Inter-Hôpitaux.
Ces collectifs et l’ensemble des syndicats de la fonction publique hospitalière, dont la CGT, FO et la CFDT, estiment dans un communiqué commun que le gouvernement « ne répond pas à la gravité de la situation » et fixent deux nouvelles dates de mobilisation : le samedi 30 novembre pour des « actions de sensibilisation » et surtout le mardi 17 décembre pour une « journée nationale de grève et de manifestations ».
Même déconvenue chez les syndicats de praticiens hospitaliers, d’internes et de jeunes médecins pour qui « la montagne a accouché d’une souris » et qui menacent d’« une nouvelle mobilisation dans les jours à venir ».
Face à ce front uni, les soutiens de l’exécutif se font rares. Seule la fédération des établissements publics (FHF) s’est félicitée que son « appel (ait) été entendu » et considère que cette « bouée de sauvetage » va « permettre à l’hôpital public de sortir la tête de l’eau ».
Les collectifs Inter-Urgences et Inter-Hôpitaux associés aux syndicats CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC, SUD, Unsa, aux syndicats de praticiens hospitaliers et d’urgentistes (Amuf) : « Le Premier ministre ne répond pas à la gravité de la situation (…) Nous exigeons de véritables négociations et d’être reçus par le président de la République et le Premier ministre (…) Nous poursuivons la mobilisation ».
Les syndicats de praticiens hospitaliers, d’internes (Isni) et de jeunes médecins : « La montagne a accouché d’une souris ! Les hôpitaux vont continuer à se serrer la ceinture. (…) Aucune revalorisation salariale n’est proposée. Ce n’est pas cela qui permettra d’attirer les jeunes praticiens ».
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