Agences de notation financière : l’alibi néolibéral
Un message auxdites agences, à qui la France présenterait ainsi des gages de bonne gestion budgétaire, affirment les porte-parole de l’exécutif. Le tour paraît joué pour convaincre l’opinion, mais en réalité les dés sont pipés, explique Thomas Porcher, économiste, signataire du Manifeste d’économistes atterrés. « Pour justifier les dix milliards d’économies supplémentaires qui s’expliquent principalement par la baisse d’activité, il fallait trouver une justification et aller chercher des dépenses publiques qui étaient déjà budgétisées. L’argument est de dire : on est sous le radar des agences de notation, on va donc le faire. Mais, sans celles-ci, ils l’auraient quand même fait. Ce fut le cas des retraites, de la baisse des dotations des collectivités locales par François Hollande en 2013, du pro-gramme de 120 000 postes de fonction-naires en moins de Macron en 2017, des 25 milliards d’économies, de la baisse de dix milliards sur l’assurance-chômage. La casse du service public est dans l’ADN de cet exécutif. »
Par Nadjib Touaibia
12 septembre 2025