« Maintenir la pression » : à Millau, course contre la montre pour sauver les soins en santé mentale
Santé mentale : grande cause nationale ? En tout cas, enjeu local crucial pour la population du sud-Aveyron. Le 30 avril prochain, le médecin en chef du service de psychiatrie de l'hôpital de Millau, Jean-Dominique Gonzalès, prend sa retraite... Or, il en était le dernier spécialiste. Avec ce départ, ce sont neuf services qui ne pourraient plus fonctionner, notamment l’hospitalisation de jour, avec le risque, une fois ces derniers suspendus, de perdre définitivement l’autorisation de soin. « C’est quelque chose qu’on voit arriver depuis longtemps » raconte Cécile, infirmière en pratique avancée (IPA). Doté au départ de cinq postes pleins, le service public repose désormais sur les épaules de ce seul psychiatre. Une prouesse rendue possible grâce à l’engagement de 73 agents, particulièrement impliqués pour assurer des soins de qualité. « On fait des propositions aux patients, on monte en compétence, on essaye d’être disponibles au quotidien », poursuit Cécile. Mais le dévouement de ces soignants ne change pas la donne : l’édifice a besoin d'au moins un psychiatre sénior pour perdurer. Après des mois d’attente et de relance des élus CGT et Sud, le directeur de l’établissement - qui, contacté, n'a pas donné suite à notre demande - admettait début février qu’il envisageait de suspendre les soins faute de remplaçant d’ici au 1er mai.
Par Rédaction NVO
17 mars 2026