« Tout ça pour aller en vacances à Miami » : en Argentine, la colère d'un député face au camp Milei et sa réforme du travail

La mesure, adoptée à la Chambre des députés de Buenos Aires, autorise notamment des journées de travail de 12 heures et la fin des heures supplémentaires rémunérées. Alors que la CGT a appelé à la grève générale jeudi 19 février, les députés de gauche ont fait savoir leur colère lors des séances de débat au Parlement.

Par Noah Gaume
Par Noah Gaume
Publié le 20 février 2026
(Photo by JUAN MABROMATA / AFP
Une manifestation de la CGT Argentine pour la fête des travailleurs de mai 2025.. Juan Mabromata / AFP
Mercredi 18 février, lors de la séance plénière des commissions de la Chambre des députés en Argentine, le débat a porté sur le projet de réforme ultralibérale du monde du travail voulue par le président Javier Milei. Le député de gauche Nicolas del Caño a vivement critiqué la position d’une députée soutenant l’exécutif.
« Tu peux passer tes vacances avec tes enfants à Miami, mais il y a des gens à qui on va retirer leurs vacances alors qu’ils veulent seulement pouvoir aller se reposer quelques jours à la côte avec leur famille. Tu vas leur enlever pendant que toi tu touches cinq millions de pesos ». Au Parlement argentin, le député, et ancien candidat du Front de Gauche et des Travailleurs – Unité à la présidentielle de 2019,  Nicolas del Caño, a pris à partie une députée du camp présidentiel ce mercredi 18 février.

«  On se moque des travailleurs »

La mesure, adoptée au Sénat de Buenos Aires, autorise notamment des journées de travail de 12 heures et la fin des heures supplémentaires rémunérées. Alors que la CGT argentine a depuis appelé à la grève générale jeudi 19 février, les députés de gauche avaient fait savoir leur colère lors des séances de débat au Parlement. Dans un échange animé avec la députée miléiste Lilia Lemoine, Nicolas del Caño, chef du du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS), a manifesté sa désapprobation à la veille du vote décisif : « Tu vas passer tes vacances à Miami avec tes enfants, mais les travailleurs ici ne peuvent même pas partir. Toi qui gagnes des millions de pesos, tu veux voter cette loi et que personne ne le sache. C’est hors de question », s’est-il ému. Il a enchaîné élargissant son propos à l’ensemble du camp miléiste : « Tous ceux qui vont trois, quatre, cinq fois à Miami dans l’année, et qui font qu’on ne va pas payer les heures supplémentaires aux gens qui vont travailler douze heures par jour ». Face aux rires des députés, et à l’impossibilité de dialoguer, il a persisté : « On se moque des travailleurs, vous, est-ce que cela vous semble normal ? a-t-il commencé avant de s’adresser à nouveau à Lilia Lemoine : Ne viens pas m’énerver. Nous allons défendre les travailleurs. »
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