Aéronautique : redécollage compromis
Depuis un an et demi, les grands groupes aéronautiques ont profité de la crise pour engranger les aides publiques et intensifier la casse de l’emploi et des acquis sociaux. À l’heure de la reprise, la filière se retrouve fragilisée par la déstructuration de sa sous-traitance.
Publié le 22 juillet 2021
Depuis un an et demi, les grands groupes aéronautiques ont profité de la crise pour engranger les aides publiques et intensifier la casse de l’emploi et des acquis sociaux. À l’heure de la reprise, la filière se retrouve fragilisée par la déstructuration de sa sous-traitance.
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En mars 2020, la crise sanitaire provoque une déflagration sans précédent sur le trafic aérien mondial. L’Iata (l’Association internationale du transport aérien) évalue alors à 70 % la réduction du trafic au second semestre par rapport à l’année précédente. Les aéroports internationaux du monde entier ferment plusieurs terminaux avec l’ensemble des activités qui y sont attachées. Dans ce contexte, les compagnies aériennes diffèrent leurs commandes, notamment pour les avions A320, très utilisés pour les vols internationaux.
Bien qu’ayant un carnet de commandes plein, en juillet 2020, Airbus annonce 15 000 suppressions d’emplois dans le monde dont 5 000 en France. C’est énorme pour la maison-mère, mais pour les sous-traitants, l’effet est décuplé. La liste des entreprises où s’engagent des PSE, fermetures de sites et autres plans de départs volontaires ne cesse de s’allonger : Derichebourg, Figeac Aero, Lisi, Aubert & Duval, Simra, AAA, Laroche Industries etc.
Derrière les suppressions d’emplois se profilent des drames pour des territoires entiers menacés de désertification par effet domino. Dans le bassin d’Albert, dans la Somme, on anticipe avec stupeur la répétition d’un scénario déjà vécu dans ce département. Plusieurs années après sa fermeture, la plaie de la disparition de l’usine Goodyear à Amiens (1 200 emplois supprimés, mais 10 000 emplois indirects) reste béante. Et, de même, on évoque aujourd’hui le « syndrome Détroit » pour la région de Toulouse, c’est-à-dire l’effondrement brutal d’un territoire où l’économie fonctionne autour d’une mono-industrie.
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