Airbus dézingue ses sous-traitants
A Méaulte, dans la Somme, depuis un an et demi, Airbus a préféré faire payer cash les effets de la crise sanitaire à ses sous-traitants plutôt que de les aider à passer le trou d’air.
Publié le 26 juillet 2021
À Méaulte, dans la Somme, depuis un an et demi, Airbus a préféré faire payer cash les effets de la crise sanitaire à ses sous-traitants plutôt que de les aider à passer le trou d’air.
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Colère, écœurement, sentiment d’un immense gâchis, c’est un peu un mélange de tout cela qu’exprime Hervé Guillerme, délégué CGT de Simra (groupe Segula), à Albert (Somme). Le 31 mars dernier son usine a mis la clé sous la porte. « On s’est battus pendant six mois, ça nous a permis de gagner un peu de supra-légal : un congé de reclassement de douze mois et de la formation, mais l’usine a fermé. C’est déplorable, nous sommes sous-traitants de Stelia depuis trente ans. Stelia a repris en direct notre production. Pourtant, si ça redémarre en septembre, ils auront du mal à suivre la cadence… »
Avec un effectif d’environ 1 500 travailleurs, Stelia à Méaulte, dans la Somme, est en effet la principale entreprise du bassin d’emplois d’Albert qui concentre près de 6 000 salariés dans le secteur de l’aéronautique. Filiale d’Airbus, elle produit la pointe avant des avions, dont un impressionnant exemplaire trône devant l’usine. Autour de Stelia, une kyrielle de sous-traitants comme Simra, mais aussi Laroche Industries ou AAA (assistance aéronautique et aérospaciale), qui toutes ont réduit leur masse salariale. La politique d’Airbus a fracassé ce précieux maillage.
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