Travail

Santé mentale : grande cause nationale ? En tout cas, enjeu local crucial pour la population du sud-Aveyron. Le 30 avril prochain, le médecin en chef du service de psychiatrie de l'hôpital de Millau, Jean-Dominique Gonzalès, prend sa retraite... Or, il en était le dernier spécialiste. Avec ce départ, ce sont neuf services qui ne pourraient plus fonctionner, notamment l’hospitalisation de jour, avec le risque, une fois ces derniers suspendus, de perdre définitivement l’autorisation de soin. « C’est quelque chose qu’on voit arriver depuis longtemps » raconte Cécile, infirmière en pratique avancée (IPA). Doté au départ de cinq postes pleins, le service public repose désormais sur les épaules de ce seul psychiatre. Une prouesse rendue possible grâce à l’engagement de 73 agents, particulièrement impliqués pour assurer des soins de qualité. « On fait des propositions aux patients, on monte en compétence, on essaye d’être disponibles au quotidien », poursuit Cécile. Mais le dévouement de ces soignants ne change pas la donne : l’édifice a besoin d'au moins un psychiatre sénior pour perdurer. Après des mois d’attente et de relance des élus CGT et Sud, le directeur de l’établissement - qui, contacté, n'a pas donné suite à notre demande - admettait début février qu’il envisageait de suspendre les soins faute de remplaçant d’ici au 1er mai. 

ACI Group et ses 1300 salariés connaissent donc un épilogue douloureux, alors que le futur du groupe était en suspens depuis de nombreux mois. D’abord mis en redressement judiciaire le 25 septembre, le sort de ses filiales (jusqu’à 40) s’est joué au fil des audiences successives, de mises en redressements en liquidations et, pour les plus chanceuses, de reprises. La dernière audience du tribunal de Lyon début décembre avait placé quatre entreprises en liquidation judiciaire ( soit 71 salariés), les 21 autres en redressement judiciaire avec un délai d’observation prolongé. Ce 10 mars, en plus de la holding, l’entreprise Fralsen (situé dans le Doubs, elle représentait 64 emplois) a été liquidée. « Nous étions très inquiets car un des repreneurs s’était retiré et il ne restait qu’une offre reprenant 9 salariés. Il s’agissait de l’un des derniers horlogers de France… », se désole le délégué syndical. En une journée, donc, une centaine de salariés a perdu son emploi. Alors que le sort de la plupart des filiales est scellé, le bilan social est lourd : sur la trentaine de sociétés restante, environ la moitié a été reprise et la moitié liquidée. Environ 300 emplois ont été supprimés dans des liquidations judiciaires, environ 150 n’ont pas été sauvegardés lors des reprises, soit environ 450 emplois. La décision concernant deux entreprises a été mise en délibéré et quelques-unes, non intégrées à la procédure collective, sont en vente. Il faut encore ajouter à cela les entreprises qui ont périclité avant même le redressement du groupe, soit plusieurs dizaines d’emplois.