Renault : une stratégie suicidaire aidée par l’État
La coordination CGT de Renault a dénoncé vendredi 29 mai une "stratégie assez suicidaire" pour le constructeur automobile, dont la direction a présenté un vaste plan d'économies incluant la suppression de 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France alors que le chef de l’État venait d'annoncer une aide de 8 milliards d'euros pour soutenir la filière automobile.
Publié le 2 juin 2020
La coordination CGT de Renault a dénoncé, vendredi 29 mai, une « stratégie assez suicidaire » pour le constructeur automobile. La direction a, en effet, présenté un vaste plan d’économies incluant la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France alors que le chef de l’État venait d’annoncer une aide de 8 milliards d’euros pour soutenir la filière automobile.
Dernière minute
Ce 2 juin, le gouvernement, qui avait jusqu’ici réservé sa signature, estime avoir obtenu les garanties qu’il réclamait pour l’avenir des salariés de l’usine de Maubeuge (Nord), inquiets d’un projet de fusion avec le site de Douai, à 70 km de distance. Bruno Le Maire « signera aujourd’hui la garantie du prêt de 5 milliards d’euros qui doit être consenti à Renault « , a annoncé le ministère de l’Économie à l’AFP à l’issue d’une réunion avec des élus, représentants des salariés et la direction de l’entreprise.
En matière de politique industrielle, le monde d’après s’avère tout à fait semblable à celui d’avant. En témoigne le télescopage des annonces du plan de 8 milliards d’euros pour l’automobile, la confirmation de la fermeture de 4 sites du groupe Renault et la suppression de 4600 postes qui ne prennent pas en compte les intérimaires, les prestataires et l’impact sur les sous-traitants. Pas plus que lorsqu’il vole au secours d’Air France KLM à coups de milliards d’euros le gouvernement n’exige de Renault des garanties sur l’emploi et le maintien des activités. Une nouvelle fois, la filière automobile se voit soutenue par des fonds publics sans qu’on semble avoir tiré les enseignements des crises précédentes et des plans d’aide précédents. A force de délocalisations, d’externalisation, ce sont quelque 120 000 emplois dans l’automobile qui ont été supprimés en France dont 25 000 pour Renault en quinze ans. Durant cette période, Renault a délocalisé la Mégane, la Twingo, la Clio et aussi externalisé une part importante de l’ingénierie. Avec « la fermeture des Fonderies de Bretagne, de Choisy, de Dieppe et, à plus long terme, de Flins, une nouvelle cure d’amaigrissement de l’ingénierie devrait se confirmer, c’est Renault qui est amené à disparaître de la carte automobile française et mondiale » , alerte la coordination CGT de Renault.
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