Si un accident du travail est reconnu comme tel par la Caisse primaire d’assurance maladie, cette décision s’impose au conseil de prud’hommes.
CDII : la Poste condamnée pour recours abusif
Un recours abusif à l’intérim justifie la requalification d’un CDI intérimaire en CDI au sein de l’entreprise utilisatrice, en l’occurrence La Poste.
Publié le 30 juin 2022
Un recours manifestement abusif à l’intérim justifie la requalification d’un contrat à durée indéterminée intérimaire en contrat à durée indéterminée au sein de l’entreprise utilisatrice, en l’occurrence La Poste.
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Le CDI intérimaire (CDII) autorise la conclusion d’un contrat de travail à durée indéterminée avec une entreprise de travail temporaire pour l’exécution de missions successives au sein d’entreprises utilisatrices (art. L. 1251-58-1 C. trav.).
Le travailleur intérimaire en CDI peut ainsi se voir confier des missions très différentes (un jour pour remplacer un postier, le lendemain, un boulanger).
La Poste, qui adopte actuellement une politique de non-remplacement des départs, a conclu des contrats cadres avec des entreprises de travail temporaire (notamment Adecco et Manpower) afin de bénéficier d’une main d’œuvre qui reste durablement précaire.
11 intérimaires en CDII en mission au sein de La Poste à Nantes ont demandé à la direction une intégration dans les services postaux en estimant que leurs missions successives d’intérim pendant des mois, voire des années, n’étaient pas conformes aux dispositions légales.
La CGT expliquait que l’intérim, qu’elle soit temporaire ou par CDI, « ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise utilisatrice » en invoquant les articles L. 1251-5 et L. 1251-6 du Code du travail auxquels renvoie l’article L. 1251-58-4 du même code spécifique au CDI intérimaire.
L’ANI du 11 janvier 2013 à l’origine de la création du CDI intérimaire avait d’ailleurs retenu ce principe : « Les conditions d’emploi et de rémunération des intérimaires, qui seront titulaires d’un CDI, dans des conditions, n’ayant ni pour effet ni pour objet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise cliente ».
Indemnisation ou maintien de l’emploi ? Dans cette affaire, les missions n’ayant pas été poursuivies au sein de La Poste, les salariés n’obtiennent qu’une indemnisation, sans maintien dans l’emploi.
Afin d’obtenir un maintien dans l’emploi, il conviendrait d’obtenir une audience à une date antérieure à la fin de la lettre de mission en cours. Comme les demandes de requalification doivent être portées devant le bureau de jugement qui statue au fond dans le délai d’un mois suivant sa saisine, cela est en principe possible (art. L. 1251-41 C. trav.).
Les contrats cadres conclus entre les entreprises de travail temporaires et la Poste expirant en juillet 2022, il est encore temps pour les intérimaires concernés de saisir au plus vite le conseil de prud’hommes d’une demande de requalification pour obtenir non pas une indemnisation, mais un maintien durable de l’emploi de postier !
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